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Le stress, comment le maîtriser ? 3ème Partie – Agir sur le stress (Thématique L'individu - Janvier 2020)

Après avoir, dans nos précédents numéros, défini ce qu’est le stress et quelles sont les conditions qui favorisent l’émergence de celui-ci, nous allons ce mois-ci vous proposer quelques pistes qui vous aideront à mieux gérer votre stress.

Les actions à entreprendre ont pour objectif d’agir sur le cercle vicieux souvent associé à un niveau de stress élevé :

    • Des émotions répétitives (colère, peur),
    • Des pensées automatiques et récurrentes (« je n’y arriverai jamais », « je dois tenir le coup » …),
    • Un comportement inadapté (allant de l’inhibition à l’agressivité).

Sortir du cercle vicieux
Sortir du cercle vicieux

  • Libérer les émotions

L’accumulation d’émotions non exprimées augmente le stress ressenti. Rappelons-nous, en effet, que le stress est un phénomène archaïque mis en place par l’organisme face au danger (cf. notre Newsletter de Novembre 2019) : l’émotion est donc partie prenante de cette réaction. C’est pourquoi « bloquer » nos émotions ne peut qu’aggraver le stress : il convient, a contrario, de nous donner la permission d’exprimer nos émotions en tentant le « lâcher prise ».

Le risque de l'accumulation d'émotions refoulées
Le risque de l’accumulation d’émotions refoulées

 

      Exemple
Les pleurs comme exutoire
Pleurer « un bon coup » peut se révéler un excellent moyen de venir au secours de notre indispensable besoin de détente. En effet, les pleurs d’émotion contiennent protéines et hormones, dont la prolactine mais aussi la leucine encéphalique qui agit sur la douleur. Le message nerveux qui provoque les larmes entraîne donc la production d’antalgiques naturels.
On retrouve également, dans les larmes, les molécules responsables du stress ou des toxines apparues sous l’effet du stress. C’est ainsi qu’une étude a montré que le fait de pleurer diminuait la tristesse ou la colère de 40 % environ …
Il est vrai cependant que les larmes sont souvent associées, dans une vision largement répandue, à une faiblesse, une fragilité voire une carence de résistance à la pression, ceci s’inscrivant donc en contrepoint du message « sois fort » dont nous savons l’importance dans notre structure socioculturelle contemporaine.
L’image du « gagnant » exclut sa perméabilité aux émotions ; cette exclusion (irrémédiablement feinte, sachons-le) ouvre une voie « royale » aux mécanismes de tension et de résistance dont nous savons qu’ils constituent les fondements de la posture du stress.


Il existe cependant un compromis entre la rétention émotionnelle pratiquement exigée par le cadre sociétal et l’indispensable besoin d’exprimer concrètement ses émotions, quelles qu’elles soient : rien ne nous empêche de nous isoler (il n’est point besoin d’être dans la démonstration pour rendre le processus efficace) aux fins de « nous lâcher » en nous laissant envahir par tout ce que nous n’osons pas laisser émerger. Il s’agit donc bien d’une permission donnée à nous-mêmes sans laquelle aucune libération n’est réellement possible.            

  • Agir sur les habitudes de pensées

Il est indispensable, pour lutter contre l’excès de stress, de porter un regard objectif sur les situations rencontrées, afin d’être en mesure d’effectuer une évaluation claire et précise de ses capacités à y faire face. Pour ce faire, notre raisonnement doit être exempt de « distorsions » souvent génératrices de mal-être, en cela qu’elles brouillent la perception que nous avons du monde, des autres et de nous-mêmes. Une fois cet ajustement effectué, il est bien sûr indispensable d’affirmer à notre entourage, sans fausse pudeur et sans retenue, ses limites.

Désamorcer les distorsions
Désamorcer les distorsions

      Exemple
L’évaluation objective comme régulateur du stress

Nous ne pouvons refaire le monde chaque matin … Notre « pouvoir » se limite à notre champ d’intervention et à l’expression positive de nos compétences ; il n’est pas possible, dans ces conditions, de vouloir tout résoudre, tout solutionner, tout gérer puisque, par définition, nous n’en avons pas les moyens !
Il est donc essentiel d’accepter ses limites en posant deux règles de fonctionnement personnel essentielles dans la maitrise du stress : je ne peux pas tout faire et je ne veux pas tout faire.Maitriser ces deux paramètres revient finalement à s’accorder une liberté d’action éminemment bénéfique.

Une méthode simple consiste à lister les missions et les tâches à accomplir en accordant, tel un guide gastronomique célèbre, un certain nombre d’étoiles à chacune d’entre elles selon les deux critères évoqués plus haut. Attention ! Il ne s’agit pas de prioriser lesdites missions et tâches dans une approche chronologique mais bien de déterminer le degré de « pouvoir » et de « vouloir » que nous accordons à chacune d’entre elles ; essayez et vous serez surpris du résultat !    

  • Adopter des comportements libératoires

L’hygiène de vie est bien connue comme étant l’une des clés de lutte contre l’excès de stress. L’équilibre se retrouve par une régulation des paramètres physiologiques générée en grande partie par le respect des équilibres tension/détente, tels que nous les avons décrits dans notre Lettre de novembre 2019. A ce titre, les deux dimensions vitales que représentent le sommeil et l’alimentation sont des facteurs structurels essentiels dans la recherche de ces équilibres.

Ainsi, un temps de récupération évalué en moyenne à 7 heures 45 minutes par nuit* allié à l’indispensable réduction de la consommation de café ou de thé, auquel s’ajoute une alimentation en accord avec les principes diététiques classiques (repas équilibrés pris dans le calmeShare your stress . et en un temps suffisant) assurent cette régulation et permettent de stimuler un terrain psycho-physiologique propre à canaliser les tensions et à favoriser l’apprivoisement du stress.

*norme INRS 2005 pour un adulte de plus de 18 ans ne présentant pas de troubles de santé

     Exemple
L’activité physique comme mode de « déviation » du stress
La pratique d’un sport individuel ou collectif, la marche à pied, le jardinage ou toute autre activité qui permet une
extériorisation physiologique des processus mentaux constituent un excellent moyen de prendre de la distance face au stress.
Le problème « embêtant », le souci « ennuyeux » qui vous préoccupe (pour le moins) voire qui vous empêche de dormir, pourront se trouver allégés (et pourquoi pas solutionnés) par la
mi-distance créée au moyen d’une dépense physique.
Ajoutons à cela que toute pratique relaxante (yoga, sophrologie, etc.) peut évidemment constituer un complément très intéressant aux activités évoquées ; attention cependant à ne pas entrer dans une
frénésie boulimique au nom du « pour ne pas être stressé, il faut faire du sport » et générant ainsi un nouvel agent … stresseur ! Les injonctions (à titre d’exemple, le « il faut) constituent, en effet, de réels foyers anxiogènes

  • Conclusion

Voici donc la fin de notre étude en trois volets sur ce phénomène ô combien contemporain qu’est le stress.

L’objectif de ce numéro n’a pas été de décliner un « catalogue » d’outils de lutte contre le stress – vous trouverez une importante littérature présentant une panoplie de conseils plus ou moins pertinents.
Notre propos a été plutôt d’inscrire la démarche dans une vision holistique de l’être humain à travers le triptyque « émotion-pensée-comportement » qui est, lorsque l’on engrange suffisamment de connaissance sur le phénomène « stress » et ses conséquences, le socle sur lequel se bâtit toute tentative de lutte contre celui-ci.

N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos remarques (attention, ne pas utiliser l’adresse d’envoi de notre Lettre, mais écrivez-nous sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

Au mois prochain pour une newsletter sur un tout nouveau thème : l’emploi et ses évolutions !